Quand on dit “il n’y a personne”, ça veut dire que notre personnage est vide, que ce n’est qu’une comédie. En fait, il n’y a jamais eu quelqu’un. Aussi, tout cela n’était qu’un jeu. À présent, combien voulons-nous l’entendre ? Car, voyez-vous, ici, tout est déjà fini avant d’avoir besoin de commencer.
Si je vous dis que le père Noël n’existe pas, qu’il s’agit d’une histoire, cela signifie que rien de ce qui le concerne n’a jamais été vrai. Il en va de même pour nous, avec l’éveil et ledit chemin qui est censé nous y conduire. Ce n’est pas dans le réel. Nous nous sommes pris pour “quelqu’un”, un personnage avec toute son histoire. Ce n’est pas arrivé ! Tout ce qui s’est produit n’a eu de réalité que celle d’un jeu relatif. Sous le masque nous n’avons jamais cessé d’être “nous”, le Soi immuable.
Alors, qu’attendons-nous encore pour laisser toute cette comédie et assumer la réalité qui Est ? Le “chemin” durera aussi longtemps que nous l’emprunterons, que nous voudrons croire en notre histoire et que nous essaierons de la faire aboutir.

Question : Qui est ce nous imaginaire qui va laisser toute cette comédie ? Et qui va choisir la durée du “chemin” ?

 

Je pourrai aussi demander, mais qui est “celui” qui pose cette question ?
Il n’y a pas deux. Il n’y a pas un “second”. Illusionnés, nous sommes comme un comédien qui doit clamer son rôle pour le faire “exister”. C’est l’illusion qui s’auto-alimente et qui recherche en vain sa propre confirmation. L’image que j’utilise parfois est celle du renard qui tourne sur lui en essayant d’attraper sa propre queue.
L’illusion est vide. Elle se croit existante dans la tension du devenir, dans la projection d’un aboutissement.
Nous faisons beaucoup d’effort pour maintenir l’illusion de notre personnage. Aussi, il peut également cesser cet effort, cette programmation, afin de se détendre dans sa nature tout comme le poing se détend dans la main. Cela peut prendre un instant, tout comme des années !